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Vendredi 17 mai 2013 5 17 /05 /Mai /2013 09:21

robinier.jpgPour Marie Alice et Mamylilou

 

 

Voûte fleurie,
ciel pur, si bleu en ce mai..
semble n'être que rêve

 

 

Ses fleurs sont  sublimes
son bois fait des meubles rares
- Vive le Robinier
Meuble en acacias


Par M'amzelle Jeanne - Publié dans : HAIKUS - Communauté : Le coucou du haïku
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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 13:31

 

L'Etrangère.

 

Le jour où je fis sa connaissance, je m'en souviens très bien. Il avait neigé le matin, le feu de la cheminée ne voulait pas s'allumer, une grippe me tenait très fort dans ses griffes. Frissons, fièvre, j'étais très mal physiquement et moralement. Il me semblait avoir dix ans de plus. Le téléphone sonna, une voix gutturale et étrangère me sortit de ma torpeur. On me demandait si le logement à côté de chez moi était libre.

Des locataires français peu scrupuleux, étaient partis du matin, sans même avoir donné un coup de torchon. En quelques semaines, ils avaient rendu le logement inhabitable. De plus, ils avaient déménagé sans s'être acquittés ni des charges, ni du loyer. Ces indélicatesses m'avaient laissés quelques regrets fort amers. Je ne voyais pas comment remettre en état rapidement ce qui avait été détérioré. Il faut préciser que je suis une personne âgée dépendante d'autrui en ce qui concerne les travaux d'intérieur.

Malgré ma réticence à montrer un logement dans un tel état de délabrement, rendez vous fut pris dès le second appel avec la personne qui m'avait appelée, et qui devait retrouver un toit sans attendre.

Une très jolie jeune femme, de noir vêtue, vient à l'heure indiquée. Son français n'est pas très précis. De suite nous échangeons en anglais. De suite nous comprenons que nous avons de nombreux points communs.

Sholeh est Iranienne, elle est peintre. Elle vient d'être mise à la porte de chez son employeur. Elle avait quitté l'Allemagne, pour suivre dans son Centre Culturel un maître, qui lui offrait des cours et un hébergement, contre quelques travaux d'encadrements et certaines tâches ménagères. Au fil du temps ses travaux étaient devenus plus importants que les heures de cours qui devaient être donnés.

Elle avait un vif désir de quitter au plus vite ce monde, de se mettre à l'abri, elle et ses quelques biens, dans un endroit plus modeste mais sans contraintes .

Très courageuse, elle ne s'est pas laissée rebuter par la décrépitude et la saleté dans laquelle se trouvait le petit logement. Nous nous sommes mises d'accord, je réglerais les frais des fournitures, et lui laissais plusieurs mois de location gratuites, et elle se chargerait de la remise en état des lieux..

Cet arrangement nous soulageait toutes les deux, et sa présence fut un vrai bonheur. Nous vivions seules l'une et l'autre, et pouvions partager des instants d'échanges précieux. Nous prenions souvent le repas du soir ensemble. Elle aimait ma cuisine et ne manquait jamais d'apporter soit une bouteille de cidre, soit une douceur: quelques fruits ou un petit gâteau de chez le pâtissier voisin. Je lui apprenais un français plus courant, quelques règles de grammaire. Nous avions des conversations sans fin qui se poursuivaient jusque tard dans la nuit, devant la cheminée. Nous échangions nos idées philosophiques. Elle me parlait de la vie de ses parents, de son père qui travaillait sur les chantiers de pétrole du sud de l'Iran. De ce pays superbe qu'elle avait du quitter très vite sous peine d'être lapidée. Elle avait fait des études de biologie, ce que les fondamentalistes n'appréciaient guère. Elle me parlait de la religion pratiquée dans sa jeunesse, de Zarathoustra (réformateur de l'ancienne religion iranienne, me dit le dictionnaire), de la Perse. J'étais fascinée.

            J'avais un grand plaisir à lui faire découvrir ma région. Ma petite voiture nous emmenait visiter les musées alentours, nous allions aussi dans quelques magasins de mode, chercher le bon achat au moment des soldes. Elle aimait rencontrer mes amis. Admirait les vestiges datant de six siècles avant Jésus Christ qui existaient encore dans certains villages.  Par l'intermédiaire de certains de mes amis, artistes peintres, Sholeh a pu faire des expositions reconnues et admirées. Mais vivre de son art dans notre région éloignée de tout centre culturel, était utopique.

            Le désir de voir autre chose, de créer un réseau de connaissances différent, ayant pour optique d'améliorer la diffusion de son travail, poussa Sholeh à repartir vers d'autres horizons. Quel dommage! nous étions très heureuses dans cet équilibre que nous avions su créer. Sholeh, en quelques mois était devenue une amie sans réserves. Nous étions bien tristes, l'une et l'autre de ce départ, le déménagement eut lieu. Elle partait vers d'autres connaissances, vers un avenir plus prometteur. Pour moi, je retournais à la monotonie, sans l'entrain de sa jeunesse, sans ces petites différences qui mettaient tellement de piment dans le quotidien. Une amie me quittait, que je considérais comme ma propre fille.

Sholeh était fidèle, nous avons continué de communiquer. Elle est revenue plusieurs fois, passer quelques vacances chez moi. Depuis plusieurs années, je suis sans nouvelles d'elle, et cela m'attriste. C'était un tel bonheur de se retrouver. Cette étrangère n'était pas une étrangère. Il n'y avait aucune barrière entre nous, nos différences étaient un enrichissement. Rien ne nous séparait, ni notre âge, ni l'endroit de notre naissance, ni nos coutumes, ni les religions qui avaient bercés nos jours.

En échangeant nos façons d'être, nos frontières s'étaient élargies, le monde était devenu un seul pays.

           

                                                                                  De Jeanne

Par M'amzelle Jeanne - Publié dans : PETITES NOUVELLES - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Mardi 14 mai 2013 2 14 /05 /Mai /2013 11:05

 

 

 

 

 

SOFA.jpg Quand c’est fini, c’est fini !!


Sofas, divans et canapés……….Et tant d’autres sont délaissés là, sur les planches d’une  brocante, chez un antiquaire où pire dans le hall d’Emmaüs. On ne peut imaginer ce qui se passe dans ce monde de laissés pour compte, lorsque la foule est partie et qu’ils restent seuls, abandonnés.  Une histoire troublante m’est arrivée, que je me dois de vous  raconter. Cela  s’est passé un dimanche matin, chez  Emmaüs à  Foulain. J’étais seule  dans les allées. Je recherchais…….  rien de particulier,  la bonne occasion de tout et de n’importe quoi…

            Il faisait froid ce matin là, je suis passée plusieurs fois dans la même allée. La première fois je n’y ai pris garde, j’entendis comme un bruissement de tissus, puis quelques murmures.. Je tournai la tête de droite de gauche, je me suis rendue compte que j’étais seule. Puis.. Un discret : psitt psitt « viens donc te reposer un peu, tu peux t’asseoir le gardien est assez loin, on voudrait bien te faire part de notre vie de reclus ici, de cette attente insupportable qui est nôtre. »

            Le choc fut assez rude, je me tourne de droite et de gauche, je me frotte les yeux et allez savoir pourquoi, je m’assis au milieu d’un canapé Louis Philippe, un beau canapé de velours rouge et boiserie ébène. Le velours était un peu mité mais l’assise était confortable.  Le murmure a continué, et sans tendre vraiment l’oreille j’entendais nettement les propos impensables que l’ont me confiait.
Très gentiment il me dit qu’il y a belle lurette qu’il n’a ressenti la chaleur de jolies fesses rondes comme les miennes, (oh !) Qu’avant il était abandonné dans le salon d’une maison aux volets clos depuis cinquante ans au moins.  Que même avant cette époque, il était dans le noir,  dans un salon qui sentait la naphtaline. On ne rentrait que rarement dans cette grande pièce froide et poussiéreuse, seulement aux grandes cérémonies, aux fiançailles de Mademoiselle, à son mariage, puis le baptême du premier enfant. Seules les personnes âgées pouvaient s’asseoir dessus, surtout pas d’enfants ! Il ne fallait pas salir le velours rouge/cramoisi.
Les propriétaires n’avaient pas compris que je devenais complètement crasseux et moisi, a force de ne pas servir.. Je me détruisais de l’intérieur. Et puis le vieux couple est parti, la maison fermée pendant une éternité, puis vendue et là personne ne voulait plus de moi, je fut traîné tiré.. monté dans un camion bâché par des gens qui n’en avaient rien à faire de mon style et de mon beau velours, passé maintenant.. Mais quand même !  
Voilà comment ma vie se termine, moi qui a coûté si cher et étais la fierté du couple qui m’a pourtant enfermé toute sa vie, pour ne pas me salir,  en fait je me plais mieux ici, je vois du monde, et vous êtes bien mignonne de m’écouter. Mais allez voir plus loin, ils ont d’autres souvenirs plus croustillants eux….
 
Ma foi, je n’ai rien à faire de plus ce dimanche matin, je me lève et salue bien poliment cet ancêtre des canapés, qui vécu dans un autre temps et qui m’a donné en quelques mots des informations sur la vie d’une famille bourgeoise du début du siècle avant le dernier.

            « Je vous en prie prenez place, moi, je suis le Sofa, c’est une dénomination Turc qui vient de Suffa = coussin,  soit banquette avec coussins,  sorte de canapé ayant trois dossiers.. Je vous donne toutes ces informations, nous sommes souvent pris pour ce que nous ne sommes pas ! » 
Je veux bien vous tenir compagnie vous me semblez très avenant, aimable et accueillant. Vous êtes très élégant et impressionnant avec vos passementeries, vos soieries fines, douces et brillantes de fils d’or et d’argent. Vos coussins sont moelleux et je m’y sens bien.
«  Ah ! Comme vous, combien m’ont fait des compliments sur ma tenue et se sont laissé aller dans des confidences personnelles. J’ai conservé des souvenirs de personnalités très connues qui étaient seulement de passage..  Oui, je n’ai pas honte à le dire,  c’était ainsi que l’on nommait le salon dans lequel je présidais.  Madame,  s’appelait Claude, elle recevait beaucoup. Toujours des gens très bien, très propres et parfumés. Ses filles étaient adorables, très gaies et actives, ne reculant devant aucun sacrifice. Le champagne coulait à flot, c’était vraiment une belle époque… et puis une certaine Marthe est passée par là, rétrograde, jalouse peut-être et au nom de je ne sais quoi à fait lancer une loi pour que ce si bel endroit soit fermé.. Vous vous doutez de ma déception et de  l’affront que j’ai reçu lorsque je me suis retrouvé dans un bric à brac avec les bancs de bois de l’église Saint Sulpice. Je suis resté digne, les regardant de haut.. Et puis, des années plus tard, je viens d’être traîné sans ménagement, dans ce hangar des Emmaüs. Je suis heureux de pouvoir m’épancher, je vais peut-être être recueilli chez un couple compréhensif »

« Ah ! C’est à moi maintenant de vous raconter ma misère ma p’tit dame, venez voir un peu par ici… Regardez comment est devenu un superbe canapé de 1970.... J’ai été fabriqué en Chine avec le plus beau « Skye » on aurait dit de la vachette !  La famille chez qui je me suis retrouvé au début était très bien. La petite jeune femme soigneuse. Elle me caressait, les soirées étaient chaudes son mari très amoureux.. Je les ai souvent sentis contre moi corps à corps, peau contre peau, cela me plaisait bien. Quelques mois plutard, il y eut un bébé et le pauvre petit a tout gâché. Elle n’avait plus le temps de rien, alors elle me le collait dans un coin avec ses jouets et ses biberons qui se sont mis à dégouliner sur moi, ce qui bientôt à fait des tâches.. Monticules de gras jamais nettoyés. Puis il y eu d’autres fuites et de moins drôles..Je suis devenu tout négligé, le gamin qui grandissait, arrachait petit bout par petit bout la texture de mon être, j’étais couvert de linge non repassé, devant une télé qui les soirs de beuveries explosait, le mari invitait ses copains, tous bières à la main qui s’esclaffaient devant les buts que quelques pantins en bleu et blanc mettaient dans la lucarne.. mais moi je l’avais la petite lucarne devant les yeux.. Et les copains sur le dos qui gesticulaient sans aucune considération pour moi qui les supportaient...  Ils se disaient « supporters » je ne comprendrai jamais qui était quoi dans cette histoire c’était moi qui supportait ou eux…
Bref,  je ne vais pas en faire un fromage… car pour l’odeur ils ne m’ont fait aucun cadeau… et je sais de quoi je parle ! Ma vie va s’arrêter ici,  je le sens bien!
Qui souhaiterait m’avoir chez lui maintenant, ... moi dans cet état ? 
Je vous remercie de m’avoir écouté et d’avoir donné heureux d'avoir pu encore donner un peu de chaleur de vos petites fesses, moi..le vieux canapé en Skye »

            Alors là, je suis restée sans paroles, je ne pouvais pas lui faire croire à une autre vie, d’ailleurs quand c’est fini, c’est fini !


  tDIVAN-DE-PSY.jpg

Par M'amzelle Jeanne - Publié dans : PETITES NOUVELLES - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 08:00

Les-glaneuses-de-Millet.jpg

 Jill est à la barre de la Coquille des Croqueurs de Mots!

"LES GLANEUSES"


"Paysan je suis né, paysan je mourrai..
Je resterai sur mon terroir sans reculer d'un sabot.."


Jean François Millet  (4/10/1814 - 20/01/1875)
Fondateur de l'école de Barbizon
.

Ce tableau  a marqué les années  de la fin 19°siècle  jusqu'au début du dernier!
Par Millet, le monde paysan a été mis à l'honneur, chaque foyer paysan d'alors possèdait la reproduction de ce tableau "Les Glaneuses" ou  celui de "l'Angélus" collé sur du carton bouilli ou  toile marouflée, ou reproduit dans les calendriers des postes.
Ce tableau de Jean François Millet  a  immortalisé  la vie aux champs.
"Les Glaneuses" ont été peintes en I857, il fut présenté la même année au Salon d'Automne, c'est une oeuvre sobre.
Cependant les couleurs sont vives et belles, elles représentent la splendeur de l'été, et également la misère des pauvres femmes dont le droit de glaner était strictement réglementé.
"
Elles cueillent l'aumône du hasard" "Elles glanent leur pain miette à miette"
En ce temps il n'était possible de glaner qu'avec un certificat d'indigence.
Ainsi Millet peint le bas de l'échelle sociale.
C'est un tableau emblématique de la paysannerie française du second empire, ou le peuple rural  est appauvri. Une révolution populaire est menaçante.
BANSKY, a tagué l'original et fait sortir le personnage de droite du cadre de la toile, pour le représenter fumant une cigarette.

L'oeuvre ainsi changée a été exposée en 2009 au musée de Bristol.
Les machines ont remplacés l'homme et les chevaux, en une nuit des hectares sont fauchés, ramassés.. et quelques fois labourés et resemés.. ensemencés .! Un seul homme sur ces énormes engins..  remplace les gens de moisson..
Les fermes en ce temps bourdonnaient comme une ruche, des hommes venaient avec leur baluchon pour se faire embaucher à la journée !
Ils sont tous partis à la ville.. dans des usines qui maintenant les mettent sur le pavé !

Un retour a la terre semble être impossible..

Par M'amzelle Jeanne - Publié dans : DEFIS - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 08:00

Peniche-evajoe.jpg Pour le coucou du Haïku et Marie Alice

..

Ce n'est que "bonheur "!
au fil de l'eau, entre amis
... canal du midi



Dans ma péniche,
au bord de l'eau, le temps file....
....vitesse d'escargeot !

 

Maison flottante..?

Travail pour les batteliers...
....l'hiver est rude !

Par M'amzelle Jeanne - Publié dans : HAIKUS - Communauté : Le coucou du haïku
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Ma fenêtre ouverte

zero papier grâce aux catalogues et promos en ligne de bonial

 

Que c'est agréable d'avoir une fenêtre ouverte sur la vie

Par tous les temps

Ce n'est que chaleur et bonheur.

Les jours gris  ou d'ennuis la toile  toujours brillante

 Pétille de vos idées

 De vos petites musiques

Qui  tournent dans la tête longtemps après

"Ma robe en soie.. là là là "

Et tant d'autres sons qui  redonnent cette jeunesse du coeur.

Le coeur n'a pas de rides

On le sait bien

Il est dit aussi que les douleurs sont des folles

Mais lorsqu'elles sont là

Ce n'est pas drôle

Alors vite vite appeler les Croqueuses de Mots

Regarder ce qui est en défi

Et c'est reparti 

Merci

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