Défi N°95 ROUTE 66

Publié le par M'amzelle Jeanne

        Pour Lenaïg et les Croqueurs de Mots

 

 

 

 

 

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Choix N°2 :Texte SANDWICH

Ecrire  un texte

entre les deux phrases soulignées

 

 


„…La nuit avait des yeux, le vent de longues oreilles et nul jamais ne se  rassasiait d’autrui..“

Cette phrase me hantait,  je luttais  contre un vent de sable dans un blizzard impossible..  je me répétais sans fin : « Nul  jamais ne se rassasie d’autrui. »

Je venais de quitter l’auberge où je lavais les verres au fond du café… NON il n’y a pas de quoi rire..Il y avait des mois que j’étais dans ce bouiboui de la route 66... Et, je peux même vous dire qu’elle n’a rien de mythique pour les pauvres,  cette route... !

Après des reproches non justifiés... j’ai jeté l’éponge... j’ai rendu mon tablier...Le patron  n’a pas  apprécié... Il n’aimait pas qu’on lui tienne tête ! C’est le moins que l’on puisse dire. Il m’a dit «  si tu pars… je ne te dois rien… compris..  kapish»

Et me voici sur la route...Tirant ma valise à roulettes, sans un penny.
Le vent  souffle à mes oreilles et m’empêche d’avancer, je le vois comme un animal qui veux m’écraser... me laminer...Les buissons arrachés au sable volent devant moi, je les prends pour des bêtes furieuses.  Les yeux de la nuit passent si près de moi que je suis dans une panique affreuse. Je me cache à chaque passage de voiture. Je ne peux plus penser à autre chose que celle de me sauver de cet endroit, je me doute que le patron va envoyer ses sbires à ma recherche, il a besoin de mes bras pour faire ses besognes les plus humbles et pour moi.. basta.. finito.. terminé..  Je ne sais où je vais, mais n’importe où, chez n’importe qui,  je serais mieux considérée que chez ce métèque, qui profitait de moi et n’en était jamais rassasié.
Le jour va se lever.. je pars vers l’ouest… sans but sans avoir la moindre idée de ce qui va pouvoir m’arriver.. Je me rends compte de ma fragilité, tout en serrant les dents, je me berçe par un poème, un psaume que ma grand-mère m’a  appris, je le répéte à l’infini comme un leitmotiv

« Et même si tu marches dans la vallée de l’ombre de la mort tu ne craindras aucun mal.. » Je suis certaine que ma situation va trouver une solution.
Venant de nulle part, un « pick up »  rouillé arrive sur le côté droit… je me cache, le conducteur ne m’a pas vu il me semble. Puis d’un seul coup, le voici qui fait marche arrière à grande vitesse. Je suis prise dans le phare monté sur le toit de la cabine et comme un petit lapin, ne peut m’échapper de la lumière.

« Hi, bab ! »

Le cœur battant me voici montée à côté du chauffeur, ma valise jetée à l’arrière..L’homme est sympathique, grand et maigre il s’exprime tout en mâchonnant un vieux morceau de cigare éteint. Je suis surprise par le petit animal qui est sur son épaule,  une jeune guenon grimaçante jetant des petits cris. Je me sens bien et en confiance… Je suis sur la route..

 Ne serait-ce par Jack Kerouac qui m’aurait prise en stop ?
D’un seul coup, je ressens  une cruelle douleur dans le cou...C’est le petit singe qui m’a mordu… Je crie  et me  débats...

 Je ne peux plus bouger, paralysée.

En voulant me sauver..

Mes draps se sont enroulés autour de moi !!

« Tout dépend du vent, il y en a qui font tomber, et d’autres qui raffermissent vos attaches et vous fortifient »

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aganticus 09/02/2013 09:55

Récit bien accroché au vent mauvais du cauchemar.
La fin nous réveille enchantés que ce ne fut qu'un soupir passager et la cueillette du bonheur attendra les vents d'ange de septembre...
bravo

M'amzelle Jeanne 09/02/2013 12:48



Je suis très fière d'avoir reçu ta visite ce matin.. j'aurais aimé t'offrir un café pour te remercier!
Ton com. est charmant.. et s'il faut attendre les vents d'anges.. pour faire la cueillette....
Je serai patiente !!
Merci !



chloé 07/02/2013 17:48

Bon ben raté pour le beau ténébreux et solitaire Jacques Kérouac mais tant mieux que le réveil t'ait débarrassée de cette affreuse guenon! Un grand talent de narratrice et romancière M'amzelle
Jeanne! J'aurais bien prolongé le moment! Cordialement.chloé

M'amzelle Jeanne 07/02/2013 20:49



Chère Chloé.. Je suis enchantée de lire ton commentaire.. flattée aussi, heureuse que tu aies apprécié ma prose! Comme j'aurais aimé rencontrer un tel écrivain.. mais il ne devait pas être facile
à vivre.. alors rien a regretter. Juste le plaisir de le faire passer en souvenir sur mon blog !
Avec amitiés je te souhaite une belle soirée.



timilo 07/02/2013 06:55

Et dire que je fais des cauchemars comme ça

Douce journée JEANNE
Bisous
timilo

M'amzelle Jeanne 07/02/2013 09:10



C'est agrable de se souvenir de ses rêves !
J'espère que ta journée sera belle.. ici nous avons beaucoup de neige !
Amitiés de Jeanne



Lorraine 06/02/2013 17:04

En voilà un récit bien tourné, chère M'mamzelle! On le suit pas à pas, on est sur la route, on sent le vent...Bravo, c'est super!
Bisous à l'excellente conteuse,
Lorraine

M'amzelle Jeanne 06/02/2013 18:22



Si heureuse de savoir que mon histoire.. ce défi, ait pu recevoir  ton appréciation/
Merci Lorraine et avec amitiés je t'envoie amitiés et un gros bisou


Jeanne



enriqueta 06/02/2013 10:08

Heureusement, ce n'était qu'un cauchemar...fort bien raconté.

M'amzelle Jeanne 06/02/2013 11:53



Merci d'être passée.. et pour ce gentil commentaire.
Belle journée.. gris gris ici !


Jeanne