Defi n°137 Pour les croqueurs de Mots : Retrouvailles

Publié le par M'amzelle Jeanne

 

Notre Amiral Domi
a pris l'air du large..
A son retour
de nouvelles idées font fuser !

C'est Martine du Quai des Rimes

qui tiendra la barre pour la quinzaine
Elle propose d'évoquer des 

RETROUVAILLES 

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Etranges Retrouvailles

 

 

Les soirées de novembre sont fraîches, les manteaux de castors ou de renards des neiges sont sortis de la naphtaline. Les fenêtres du château illuminent la vieille bâtisse et annoncent une soirée chaleureuse.

Le sable de l'allée allant au château crisse sous les pieds des notables du canton, invités au récital de piano que va donner la jolie fille de Monsieur le Comte.

Etant la fille du garde chasse, du même âge que Mademoiselle, j'ai reçu un carton d'invitation. Je me glisse timidement entre les groupes, je suis subjuguée de voir mademoiselle Cécilia dans toute sa beauté.

Les lustres du salon du château brillent de mille feux, mademoiselle arrive dans un superbe fourreau de soie rose et s'installe devant le piano à queue "Pleyel". Les notes s'égrènent, se glissent, éclatent, la salle debout applaudit à tout rompre. Quel triomphe.

Quelques années plus tard, étudiante à Paris je faisais des remplacements en tant que caissière à Monoprix. Et un soir, quelle ne fut ma surprise de reconnaître mademoiselle Cécilia mettre sous son large manteau une bouteille de Beaujolais nouveau ! N'en croyant pas mes yeux, un tremblement m'envahit et je fis semblant de ne pas la voir. Quel pouvait être son problème, dans ce quartier de Paris déguisée en Arène Lupin !

Cela me perturba un moment. La vision de cette jeune et belle personne me revenait sans cesse, qu'avait pu être son parcours entre l'instant de la Diva et celui de voleuse à l'étalage ?

Quelquefois, avant de rentrer dans ma chambre froide du cinquième étage, j'aime aller me recueillir à Saint Sulpice, le calme, la douceur, l'odeur de l'encens me donne une sensation de paix, je regarde brûler un cierge en pensant à tous ceux que j'aime et je me retrouve en harmonie avec le monde.

Hier soir, je vis une ombre se faufiler dans un confessionnal, je fus interloquée croyant reconnaître mademoiselle Cécilia.. Mais non, ce ne pouvait pas être elle, c'est uniquement le fruit de mon imagination. Je me plongeais dans mes réflexions en attendant de la voir sortir. Et, c'était bien mademoiselle  qui agenouillée, la tête dans les mains priait en se frappant la poitrine. Comme pour la dernière fois, je ne me suis pas manifestée près d'elle, je partis discrètement sur la pointe des pieds.

Nous devions habiter le même quartier, car quelques jours plus tard dans le quartier des Quinze Vingt, traversant l'avenue Daumesnil, je vis mademoiselle Cécilia aidant un aveugle à traverser aux feux.

Nos regards se sont croisés, elle m'a reconnu, m'a dit combien elle était heureuse de me rencontrer. Nous avons parlé un long moment, je lui ai demandé si elle était à Paris depuis longtemps, elle m'a dit non, quelques mois seulement.
Ayant eu des revers de fortune, son père, en peu de temps, a dû vendre le château et a conseillé à ses enfants de se débrouiller par eux même. Du jour au lendemain, la vie de Cécilia a basculé dans le néant.. Elle est donc partie seule et sans ressources.
En quelques jours sa vie de chateau... était devenue aléatoire, elle devait exister avec les difficultés d'un autre monde.

Depuis, travaillant comme bénévole dans une association, elle y trouve une forme de bonheur m'a-t-elle dit.

Nous avons échangé nos adresses et avec chaleur, nous nous sommes promis de nous revoir.

                                  

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Heol 07/02/2015 20:30

Des retrouvailles de contes, romanesque. J'ai adoré l'ambiance mystèrieuse.
Cordialement

sabine la pèlerine 06/02/2015 10:14

Tu contes à merveille, d'un merveilleux si "aime-mouvant", à quel point la vie peut basculer sans crier gare !

Sublime cette participation, jeanne, par les descriptions on ne peut plus vivantes déjà... Du sable de l'allée qui crisse à l'odeur de l'encens, on se sent pleinement "dans les murs de ton
histoire" !

Nous ne sommes que de simples errants sur terre, des voyageurs, et le savoir rend humble et fort ........
Et c'est ce qui émane de ton texte, cette impression de force malgré tout, de "solidarité" fusant de toutes parts et c'est MA GNI FI QUE !

Je repars, encore sous l'effet de tes mots, où rien n'est ni n'a froid, finalement, où même la misère, lorsqu'elle est comprise, a un reflet de printemps ........T'embrasse TOUT PLEIN : sabine.

Old Nut 04/02/2015 21:16

Emouvante histoire qui illustre les aléas de l'existence auxquels nous pouvons être confrontés un jour ou l'autre...

M'amzelle Jeanne 06/02/2015 22:12

Merci!!
Je viens de te répondre et cela a été perdu??

M'amzelle Jeanne 06/02/2015 22:10

Bonheur de pouvoir sortir de ces méandres avec la paix du coeur!
Merci pour ta visite' ton gentil com!

jill bill 02/02/2015 20:12

Coucou du lundi soir Jeanne, je suis venue par le lien ekla sans souci... Tu sais le net et ses mystères parfois... bonne soirée, bises de jill ;-)

M'amzelle Jeanne 02/02/2015 20:24



Merci beaucoup pour ton soutien moral dans cette épopée !
Je te souhaite une bonne soirée aussi
Bisous 



Mamilouve 02/02/2015 15:31

Eh oui, la vie n'est jamais un long fleuve tranquille et c'est bien raconté ;-)

M'amzelle Jeanne 04/02/2015 21:09



La vie est une école.. faite de petits malheurs, de grands bonheurs!
Votre visite m'a fait grand plaisir.. merci !