CE DONT JE ME SOUVIENS

Publié le par M'amzelle Jeanne

CE DONT JE ME SOUVIENS
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“CE DONT JE ME SOUVIENS”

Aucun conseils n'est à donner, chacun fait SA vie devant les obstacles, les difficultés, les Bonheurs de l'instant présent, les choix se font en donnant chaque fois priorité au ressenti du moment. Je pense que c'est ce que j'ai fait tout au long de ma vie.”Faire pour le mieux avec ce que l'on a.”

                Les douleurs de la vieillesse étant lourdes à porter, je suis allée consulter le "Centre anti-douleur". Un Médecin, extrêmement compétent, bienveillant m'a conseillé de d'écrire mes douleurs, Mon mal être, ce mal de vivre qui m'habite. Allant sur mes 80 ans... IL est normal de faire un bilan. J'aurais dû le faire plus tôt, mettre en page toutes ces douleurs physiques et morales, d'où ont d'écoulés des pages difficiles de ma vie. Ce n'est pas évident de mettre ces années en mots, en phrases cohérentes qui puissent décrire ce que fut ma vie.

Je peux dire que dans l'ensemble, j'ai eu une vie heureuse, je ne voulais jamais m'appesantir sur "le mal" en général, je tournais facilement la page triste ou douloureuse.   

Au plus profond de mon être je ressens ce sentiment positif, heureux et gai. J'aime la vie, la nature que je trouve splendide, les êtres qui m'entourent et qui me témoignent de l'intérêt puis une franche amitié, je cultive ces échanges qui me font grandir et m'attache à l'autre.

                Sans avoir recherché, tout naturellement, un choix de vie, un cercle d'amis se sont formé autour de moi, malheureusement au fil du temps les amis sont moins nombreux, une main est largement suffisante pour les compter. Je conserve un souvenir vivace de tous ceux qui m'ont accompagnée et j'en suis profondément reconnaissante. Je n'ai jamais voulu changer pour leur plaire, j'ai été acceptée comme j'étais, et j'aime chaque instant où nous avons pu être réunis.

               Mon esprit libre, m'a toujours donné une apparence, aux yeux des habitants de mon village, qui n'était pas celle que j'étais réellement, qui n'était pas l'apparence des jeunes filles de cette époque. Mon père après une longue maladie est décédé alors qu'il allait avoir 52 ans.

Né en I896, il avait 18 ans à la déclaration de la grande guerre, enrôlé dans l'Infanterie, donc aux premières lignes. Comme tous ces malheureux camarades, il a souffert l'enfer, mais il en est revenu! Son régiment décimé, ils n'en sont revenus qu'une poignée. Malade, désabusé, pacifiste, antimilitariste, il est rentré vers ses parents, sans métier, sans biens, sans terre.

Des véhicules de réforme, ayant appartenu à l'armée américaine, étaient à vendre, avec ses parents, Paul Parisel et Augustine Mayeur sa deuxième femme, ils ont acheté une Ford . Ainsi mon père a commencé à faire le Taxi. Les gens du village, pour le différencier des autres familles Parisel, l'appelaient "Parisel l'auto" Ensuite, il a pu acheter, toujours du stock laissé par l'armée américaine, un camion "Nash Quad". Il a embauché quelques hommes , son entreprise était formée  Les années passaient, ses parents lui conseillaient de prendre femme pour tenir ce commerce, il n'en avait guère envie, il avait une vie de célibataire qui lui plaisait bien. Sans grand plaisir, à 32 ans, il se maria le 9 Juin 1928 avec Marguerite Cornetet, qui a 31ans souhaitait ardemment fonder une famille. Intelligente, elle était capable de tenir les livres de comptes et de recevoir les clients. Le 26 Mars 1929, je venais au monde.

Ma mère aurait souhaité avoir un autre enfant, mais mon père ne supportait pas mes pleurs, il aurait dit: Il y en a eu un, il n'y en aura pas d'autres!

Après le certificat d'études, je suis allée en tant que demi-pensionnaire au Collège Moderne. Le soir j'allais dormir chez la sœur de ma mère, tante Jeanne, qui était célibataire et habitait un petit logement près de la place de la Résistance à Chaumont. Je n'aimais pas le soir, me retrouver seule avec elle, je me sentais mal.

Je ne suis restée que deux années dans ce collège où j'ai aimé rencontrer professeurs et élèves, j'en ai conservé un agréable souvenir.

Mon père disait: " Ma fille n'a pas à faire d'étude, elle se mariera avec un garçon du pays.  Ensemble ils continueront notre commerce".

 Nous n'étions pas riches, mais nous vivions largement.

 Malgré la maladie que mon père, suite aux années de guerre, des douleurs subies, des gazes, un emphysème chronique l’empêchait de vivre normalement. Malgré les fréquentes disputes avec ma mère, je peux dire que j'ai eu une jeunesse heureuse.

A sa mort, j'avais 20 ans, ma mère 52 ans, moi n'avions pas d'autres choix de travail, que celui de continuer le commerce de négoce en matériaux de construction. Métier qui n'était pas pour être tenu par une femme et sa fille de 20 ans.

Nous avons cependant eu les forces de tenir pendant 7 autres années.

Pour aller réapprovisionner ou livrer les matériaux manquants je conduisais le camion Renault de 5 tonnes. Je serrais souvent les dents, et m'imposait quelques litanies afin de vaincre ma peur, lorsque je partais seule sur les routes, de nuit au volant de cet engin qui demandait force et volonté. Ces voyages me donnaient une grande liberté, une différence certaine que j'assumais avec plaisir malgré les difficultés.

J'ai toujours accepté les événements qui se sont succédé dans ma vie, sans révolte, je ne voyais que le côté positif. Le fils aîné de ma tante Alice revenant d'Indochine, est venu nous aider dans ce commerce. Il me parlait de Saigon, du Cap St Jacques, il était grand et fort, sans situation. Ensemble, nous aurions très bien pu continuer et faire fructifier ce commerce.  Sous les yeux des deux sœurs en accord, un  projet de mariage s'est ébauché. C'était mon premier amour.

Malheureusement, les sœurs se sont fâchées, il n'était plus question de mariage avec un cousin germain !! Ma douleur fut immense. Nous avons cependant continué  à nous revoir. IL m'écrivait en "poste restante". Ses lettres étaient toujours très enflammées. Il me promettait qu'un jour nous pourrions nous retrouver et vivre ensemble cet amour défendu. Nous pourrions aimer les enfants que l’un ou l’autre aurait pu avoir avec un autre partenaire ??

                Un jour tante Alice me téléphone, elle m'annonce que Jacques allait se marier. Me sentant trahie, déçue, mon cœur saignait, de mes yeux des larmes coulaient sans le vouloir. Très vite je me suis révoltée, j'ai compris que c'était inutile, que je ne pouvais changer ce qui avait été décidé, la seule solution était de relever la tête en souriant. J'étais indignée contre ma mère, qui avait permis une chose, puis s'était rétractée en me brisant le cœur.

                Nous nous aimions profondément ma mère et moi, mais nous avions souvent des conflits très durs. Nos natures différentes s'opposaient Elle était du signe de la Balance (pesant toujours le pour et le contre) et moi Bélier, têtue peut-être, je fonçais étant certaine que j'avais raison. Cependant, tout en souffrant, je me pliais, et j'obéissais à ma mère tellement directive.

Je crois profondément aux signes astrologiques.

Au moment de procréer, nous devrions choisir la date de naissance de nos enfants, et vérifier si leur naissance sera sous un signe en concordance avec celui de ses parents. J'ai souvent remarqué que les conflits familiaux viennent de signes astrologiques opposés, ils ne peuvent vivre en harmonie. Dommage qque  personne ne crois à ce "détail".

EEn 1940, mon père fut rappelé sous les drapeaux et manqua de peu d'être fait prisonnier. Après les années dd’occupation qui furent lourdes et pénibles, nous vivions pleinement les heures de liberté. La musique, le jJJazz, les bals fleurissaient à chaque coin de rue, de village. J'aimais aller danser avec quelques amies, où nnous retrouvions des jeunes gens venus en bicyclette des petits pays alentours. Quelque fois c'est nous qui allions retrouver l'endroit ou la musique "jazzait"   C'était le temps de l'insouciance.

AAvec le camion je conduisais l'équipe de foot dans les pays voisins. Il n'y avait aucune ceinture de sécurité à l'époque, tous les membres de l'équipe et leurs dirigeants grimpaient dans le camion assis sur des bancs brinquebalants, chantant à tue tête. Je n'avais vraiment pas conscience du danger.

Je n'ai jamais douté qu'une protection divine était au dessus de ma tête. Chaque fois que je prenais le le  Volant, la route.. je pensais à notre tante Marguerite qui m'a offert un Saint Christophe et qui  me disait : « Ne manque pas de regarder Saint Christophe, et pars rassurée »

                Nous ne suivions pas scrupuleusement les différents rites de la religion Catholique, qui  était cependant présente dans notre famille. Une tante de mon père, Marguerite Parisel, élevée dans un orphelinat tenu par des sœurs, sans être nonne, avait fait des vœux était devenue "fille de Marie" Cette  tante avait une forte autorité sur la famille, je fus donc baptisée, suivi régulièrement les leçons du catéchisme jusqu'à l'âge de faire ma première communion à 12 ans. Ces années furent sans intérêts, je rêvais d'autre chose, je regardais les "grecques" ornant la grande allée, j'admirais les vitraux, je rêvais de pouvoir parler une autre langue et pendant les offices regardais souvent ma montre en baillant ! Mes parents n'allaient jamais aux offices, et quand les obligations de première communion furent terminées, je n’ai plus ressenti avoir une quelconque obligation envers cette institution.

 J'étais cependant, et  je suis restée très mystique.

D’autres soucis sont venus, qui nous ont faits nous tourner vers une philosophie  « bien heureuse », celle de croire aux énergies qui nous entourent, et devenir « des femmes fortes » devant les aléas de la vie.
Nous avions la foi, de ce qui a été dit ici ou là  dans les livres de la bible et ses psaumes, avoir « la foi du charbonnier « disait maman. C’était devenu comme un jeu… «  Le Jeu de la vie » écrit par Georges Barbarin, avec qui, sans l’avoir jamais rencontré nous nous sentions très proche.

Cet état d’esprit, « cette foi «   en nous, en la réalisation de nos aspirations  faisait que nous acceptions plus facilement les attentes,  nous faisait sourire des résultats toujours positifs.
 Je suis restée ainsi  et n’oublie pas que de demander, de recevoir Ici et maintenant est la meilleure solution.

 

               

 

               

 

 

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C
Je suis revenue par hasard sur ton blog et je me suis régalée à te lire, chère Jeanne. Tu as eu une vie bien remplie avec des joies et des peines comme tout un chacun, mais elle a été intense. Bravo à toi d'être capable encore d'écrire tout cela. Bises affectueuses.
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M
Chère amie.. <br /> Je suis vraiment très heureuse de savoir que tu es venue sur mes "pages Blog" et de lire ton commentaire.<br /> Je me suis mis à écrire ce dont je me souvenais.. pour moi perso.. et puis j'ai pensé que peut-être que mon parcours.. de recherches de vérités pourrait aider certains à comprendre la valeur immense des "énergies" qui m'ont tellement aidées durant toute ma vie !<br /> Donc je me suis lancée à "déballer" mes pensées.. souvent en sous entendu.. car il n'est pas facile d'expliquer le ressenti.. le parcours exacte.<br /> Des amis et ma fille sont venus, manger avec moi à midi.. en apportant tout !! Ils m'ont trouvé étonnante pour mon âge.. malgré mon manque de mobilité !<br /> Je t'embrasse très fort chère Clara.